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15.09.2007 - 20.10.2007

Miki Carmi

 | Galerie

« Shrunken Heads »

Vues d'exposition

La galerie Anne de Villepoix présente l’exposition Shrunken heads de Miki Carmi qui aura lieu du 13 Septembre au 20 Octobre 2007. Pour sa première exposition à Paris, Carmi, peintre israëlien né à Jérusalem et récent diplômé de l’université de Columbia, explore les détails de la physionomie humaine dans l’intention de façonner une icône contemporaine de la condition humaine.

A travers l’élimination et la subversion des éléments traditionnels du portrait tels que la narrativité ou la mise en situation, et en amputant l’espace pictural par l’absence de cheveux, de cou et de buste, Carmi crée une corrélation imprévue entre la surface du visage et la surface de la peinture.


Ces portraits monumentaux révèlent sur la toile un univers palpable d’une véritable qualité sculpturale. La matière de sa peinture souligne chaque ride, chaque rugosité, insiste sur les veines qui affleurent sur le visage et que l’on tente de masquer, sur les taches qui avec l’âge apparaissent. Depuis un fond d’épaisse peinture blanche qui réhausse l’effet dramatique de ces intenses portraits à l’échelle monumentale, le regardeur se retrouve confronté aux méandres minutieuses du visage. Ces détails cependant donnent sens à ce qui relève de la plus haute importance : le regard des autres. Dans son travail Carmi tente ainsi de capturer l’idiosyncrasique et l’intime de ce regard extérieur, et c’est ce qui donne à sa peinture un aspect universel.


Le processus de Miki Carmi relève d’une construction complexe. Travaillant depuis des centaines de photographies de famille jetés à même le sol de son studio, il peint simultanément plusieurs portraits, passant d’ un tableau à l’autre, luttant avec ses toiles jusqu'à ce que ses portraits adoptent une attitude irrésistible et presque compulsive.
En réalité il ne peint pas directement depuis  ces images, mais il les utilise pour réintroduire les souvenirs des gens qu’il connaît dans la profondeur des personnages qu’il recrée. Ces souvenirs sont réinterprétés dans des vues de trois quart qui perturbe la percéption classique de l’identité individuelle de ses sujets. Le résultat final s’apparente à une collection : la mère, le père, le grand-père, la grand-mère et l’artiste lui-même.  L’air de famille est saisissant, confondant. Bien que provenant tous d’un cercle familial restreint, ces figures semblent toutes adopter le même état d’esprit, flotter dans la toile le vague à l’âme, contrôler violemment leurs émotions. La peinture de Miki Carmi tenterait-elle de niveler l’affect pour mieux évoquer une existence primaire et noyée dans l’indifférence ?


Miki Carmi a reçu son « Master of Fine arts » à l’Université Columbia de New York 2005. Il a été diplômé de la Bezalel Academy of Art and Design en 2003. Il a exposé ses œuvres au Centre d’Art Contemporain de l’Hudson Valley dans l’état de New York, à la Miriam and Ira D. Wallach art Gallery de New York. Sa première exposition personnelle lui a été consacrée par la Galerie Stefan Stux de New York en Décembre 2005.