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16.09.2008 - 25.10.2008

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« Iconoclastes : Territoires de l'Esprit »

Vues d'exposition

Comissaire : Kader Attia


« Iconoclastes : Les territoires de l’esprit » est un projet qui poursuit une re?flexion sur la dualite? d’esprit, inhe?rente aux artistes situe?s dans un pe?rime?tre culturel dont la culture globale tend a? estomper les frontie?res.


Les images unissent les hommes autant qu’elles les divisent.
Notre vision contemporaine dans sa globalite? est en permanente mutation.
Cependant, en de?pit de la ce?le?rite? avec laquelle les images circulent, une information chassant l’autre, et la profondeur de leur impact sur les humains, notre vision reste confronte?e a? l’opacite? de leur fonction initiale : la repre?sentation du re?el.


Une re?alite? virtuelle toujours un peu plus proche de nous, sans jamais nous atteindre.
L’e?ternel conflit entre la ve?rite? et le de?sir de ve?rite? que l’Homme n’assume pas, dont parlait de?ja? le Berbe?re Saint Augustin dans « Les Confessions » : la ve?rite? est la lumie?re que nous braquons sur les choses que nous de?sirons connai?tre, et qui nous en assure la mai?trise. Mais elle est aussi ce qui fait retour sur nous et qui tire au clair ce que nous pre?fe?rions laisser dans l’ombre »


Ne?anmoins, las du fatalisme e?thique, diffuse? par les me?dias de masse, notre lecture du monde se re?invente tous les jours un autre langage , par le biais du vocabulaire de la technologie nume?rique devenue accessible . Images saccade?es, floues, le?ge?rement pixellise?es des vide?os que l’on tourne avec son te?le?phone portable, qui circulent et de?livrent une nouvelle impression de liberte? a? travers des re?seaux de communication comme la te?le?vision ou l’Internet. Tout le monde peut aujourd’hui retransmettre en images un e?ve?nement dont il a e?te? le te?moin ou l’acteur. L’e?trange et rare fascination qui existait jusqu’a? pre?sent dans les « circuits paralle?les » autour des « Snuff movies » montrant des tabassages, des viols, des suicides ou des meurtres en direct, s’est « de?mocratise?e » sous l’appellation « happy slapping ». Ces films montrent la re?alite? de fac?on tre?s diffe?rente. Ils n’ont jamais la me?me origine et encore moins les me?mes conse?quences. Entre ceux tourne?s en plein e?meutes dans une province chinoise ou celui de l’instant qui pre?ce?de l’explosion d’une bombe sur une place publique , entre le tabassage d’une institutrice ou la de?fe?nestration d’un adolescent d’une tour HLM, les mobiles et les objectifs de ces films ne sont jamais les me?mes. Pourtant cette pratique de la repre?sentation de la re?alite? est en train de changer tout notre perception du monde car elle re-de?finit les codes repre?sentatifs de notre mythologie contemporaine. Le he?ros n’est plus « un horizon » c’est l’homme de la rue. Plus l’image que l’on voit ressemble a? celle que l’on cotoye au quotidien, voire que l’on pourrait faire soi-me?me plus on y croit.


Les artistes - a? mi-chemin entre leur culture de l’image et celle de l’ordre global – sont les premiers concerne?s par cette mutation des codes repre?sentatifs, qui concerne aussi bien leur pe?rime?tre culturel que le reste du monde ?