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05.09.2009 - 10.10.2009

Xie Lei

 | Project room

« Enter at own risk »

Vues d'exposition

Entrez dans les tableaux ! Que voyez vous ? Des crânes rassemblés comme des œufs formant un nid ; un rat qui s’est rué dans l’orbite d’un crâne ; un fauve, gueule ouverte, avalant un autre crâne, un sous-bois absurde ?

Dans les toiles de Xie Lei, chaque élément, croit-on, est reconnaissable, identifiable. Mais leur combinaison est impossible, l’ensemble devient inattendu,  irréel. Ce que l’on pouvait désigner, nous échappe. Chaque motif n’est, en fait, qu’un jouet, un prétexte. La description perd son sens. L’œil, l’esprit s’évadent vers un monde surnaturel, onirique. Le familier s’est dissout dans une fiction troublante.


Diplômé de l’Académie Centrale des Beaux-Arts de Pékin (CAFA), mais ayant étudié ensuite à Paris (Ecole nationale supérieure des beaux-arts) et New York (Hunter College), Xie  Lei remet en jeu sa maîtrise de la grande tradition chinoise  dans la contemporanéité occidentale. Il a choisi depuis longtemps la peinture, car s’il sait précisément où il veut aller, la peinture lui offre toujours une aventure. Il a adopté l’huile pour sa finesse et parce qu’elle lui donne aussi une jouissance dans l’acte de peindre. Si le motif est violent, cruel, la touche est délicate, les couleurs ne sont ni éclatantes ou criardes. La douceur des tons et la fluidité de leur transparence renforcent l’énigme. Figuratif ? Abstrait ? Ce jeune artiste de 26 ans n’est ni l’un, ni l’autre. Les catégories classiques sont trop réductrices pour un travail qui se veut ouvert. Le réel est là, mais il se transforme puis s’efface. Dans les arbres on sent le souffle du vent, mais le nid est devenu un tombeau, ce qui nait doit mourir. Entre les deux, l’espace, le temps sont finis mais laissent place à des moments infinis.


Appartenant à la nouvelle génération, plus ouverte sur le monde, de la scène contemporaine chinoise, Xie Lei nous livre une peinture singulière qui refuse le message et le slogan. Il est concerné par son pays, son histoire, sa culture millénaire, mais n’en fait pas un étendard. Ses sujets sont universels, questionnent le monde, notre époque, loin du seul « pays ». Les tableaux sont longuement pensés, imaginés puis rapidement exécutés. Il est aussi à l’aise avec le grand que le petit format. Mais le choix du format n’est pas laissé au hasard, il s’impose par le sujet. La lecture de ses toiles n’est jamais immédiate, directe, univoque, dirigée. Il remet des clés à chaque spectateur qui entrera avec son imaginaire et suivra son propre chemin.

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