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27.02.2010 - 03.04.2010

Ion Barladeanu

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« Les Parias »

Vues d'exposition

Il existe un mythe fascinant de l’homme vivant en « dehors des marges »
de la société, il a choisi une vie hors norme excluant le confort d’une
existence bourgeoise.
Ion Bârladeanu a un parcours remarquable .Il est né en 1946 à Zapodeni,
petit village roumain situé près de la frontière de la Moldavie. Pendant
plus de 30 ans il refusa de devenir un « honorable citoyen ». Sous le
régime communiste, il pratiqua plusieurs métiers : dans sa jeunesse il
travailla comme paysan puis docker, arrivé à Bucarest il fut fossoyeur,
agent de sécurité ou encore ouvrier non qualifié à la Maison du Peuple.
Depuis 1989 ,sans domicile fixe, il vit dans la rue et pour subvenir à ses
besoins ,il trie les ordures et rend des menus services.
Pendant ces 40 années Bârladeanu travaillait en cachette à des collages
qu’il ne présenta pas avant la chute du régime de Ceausescu (1989). Ces
travaux réalisés uniquement à partir d’images découpées dans des
magazines tirent leur composition à la fois du dessin – première passion
de Bârladeanu – mais aussi du cinéma européen (principalement français)
qui a toujours été l’inspiration principale de l’artiste.
Avec peu ou pas de ressources, Bârladeanu utilise colle, carton, lame de
rasoir et magazines pour créer des photogrammes uniques qui racontent
des histoires autonomes. Ses créations sont un exemple rare d’art
subversif créé pendant le communisme, ses collages traitent de manière
ironique et comique des thèmes politiques et culturels extraits de la
réalité roumaine et internationale sous une forme stylistique hybride :
mélange de dadaïsme, de surréalisme et de pop art.
Il a en effet inventé un imaginaire Pop mais avec 20 ans d’avance sur le
public roumain. Car en Roumanie l’esthétique Pop est plus une réalité
post-communiste et une conséquence directe de la société de
consommation qu’une esthétique artistique.
Toute sa vie, Ion Bârladeanu a choisi la liberté, il méprisa tout type de
d’autoritarisme. Dans ses collages, il construit ainsi une arène imaginaire
où il est toujours victorieux, où l’hypocrisie est vaincue sous les
acclamations du peuple, et où le scénario tragi-comique de l’humanité est
joué encore et encore.

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