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17.04.2010 - 31.07.2010

Hank Thomas Willis

 | Project room

Vues d'exposition

Hank Willis Thomas, artiste américain, choisit deux publicités par an depuis 1968, date de la mort de Martin Luther King qui symbolise pour lui l’entrée de la communauté afro-américaine dans la normalisation globale de la société, mais également comme la fin de la lutte acharnée pour la reconnaissance de leurs droits civiques (la communauté afro-américaine devient alors, au même titre que la communauté blanche, une cible publicitaire aux critères particuliers). Son procédé consiste à retirer toutes les écritures qui figurent sur la publicité originelle et de présenter une image en quelque sorte vierge afin de démontrer que, selon ses propres mots : “la publicité ne stigmatise pas un produit mais la généralisation à laquelle elle tend”. Ainsi, l’absence de message écrit et de logo n’empêche en rien de découvrir la marque de la publicité qui se devine à sa cible. De la même façon l’artiste dénonce dans plusieurs oeuvres les référents des campagnes de cigarettes qui, pour “toucher leur cible”- ici la communauté afro-américaine - la caricaturent à l’excès dans les postures et la gestuelle.


Hank Willis Thomas prolonge et actualise aussi son discours en représentant un serveur noir tenant un plateau sur lequel un inuit brandit une espèce de batonnet de glace : par conséquent “Si aujourd’hui il n’est plus politiquement correct de représenter les noirs en bouffons dans la publicité, est-ce une raison pour stigmatiser les autres minorités ?” (We Both is Glad) Enfin son récent travail avec les néons (Caesar’s Visa) et la technique lenticulaire (Le Blanc imite le Noir ; Money Money Money Money Money) explore une nouvelle fois le jeu du double langage en destructurant les slogans compliquant ainsi le langage commercial afin de le rendre équivoque et évocateur.


 Hank Willis Thomas a participé, en tant qu’intervenant, au colloque international “Arrêts sur images” organisé par le Musée du Quai Branly à Paris les 9 et 10 avril 2010. Hank Willis Thomas a exposé son travail à l’Institut Smithsonian, au Musée d’Art de Birmingham, au Centre Yerba Buena pour les Arts de San Francisco lors de l’exposition collective : "After 1968: Contemporary Artists and the Civil Rights Legacy" au High Museum d’Atlanta mais encore au Studio Museum d’Harlem en 2005 et lors de la Biennale de Californie au Musée d’art Orange County en 2006.


Son travail est visible dans plusieurs collections publiques telles que celles du Studio Museum in Harlem, de l’International Center of Photography de New York et du Museum of Fine Arts de Houston au Texas. Ses photographies ont été publiées dans différents livres et publications : Reflections in Black: A History of African American Photographers (W.W. Norton 2000), 25 under 25 : American Photographers (Power House Books 2003) and Black: A celebration of a Culture (Hylas Publishing 2004).