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26.02.2011 - 02.04.2011

« Tirs photographiques » | Galerie 

Vues d'exposition

La galerie Anne de Villepoix est heureuse de vous présenter la première exposition des photographies de Jean-François Lecourt, artiste né dans le Perche en 1958, qui vit et travaille au Mans.

Il entre à 17 ans à l’école des Beaux-Arts du Mans où enseigne Gina Pane, une des artistes fondatrices du mouvement de l’art corporel. Parallèlement, il suit l’éducation d’un Maître d’Arts Martiaux en Karaté Do (la voie des mains nues) de l’école Shotokan, et s’adonne assidûment aux pratiques du Tir à l’arme à feu et du Tir à l’arc. Sa démarche est basée sur l’analogie et l’identification. Une méthode qui le conduit à la découverte de l’aspect cyclique et symétrique des processus de tir et de photographie ; d’où le concept majeur de son œuvre : Le Tir dans l’appareil photographique.


Cet acte artistique est un cérémonial immuable qu’il pratique depuis 1977 et qui consiste à tirer avec une arme à feu sur un appareil photographique ou un sténopé. La balle troue l’appareil photo et laisse pénétrer la lumière qui va impressionner sur le film l’image de l’artiste en train de tirer. Au développement la seule image qui apparaît est celle de l’objectif brisé par la balle : un grand trou noir au milieu d’une image abstraite ; mais quand il utilise le sténopé, c’est le papier sensible lui-même qui a été troué par la balle et ce trou apparaît sur l’image.


Ces « Tirs Photographiques » sont en fait tous des autoportraits performatifs, où l’artiste apparaît souvent nu, dans la nature, contre un mur et même à cheval, pointant son fusil ou son pistolet vers le spectateur qui se fait donc tirer dessus. Cette démarche fortement inspirée du « Shoot » que Chris Burden effectuait en 1971, n’est pas simplement l’illustration d’une nécrose autodéstructrice, c’est la volonté d’abolir l’arrêt fatal du cliché. La photographie devient un Art martial, comme le Kuy-Do, la cible à atteindre c’est soi-même.


Cette exposition est un prolongement de l’exposition présentée au Creux de l’Enfer l’année dernière, elle en reprend une trentaine de photographies dont les plus anciennes datent de 1980 elle propose aussi au spectateur une vidéo montrant des performances de l’artiste elle permet de mieux comprendre ce procédé unique et d’en apprécier la valeur artistique et humaine. Les œuvres de Jean-François Lecourt sont entrées dans des collections publiques de référence telles le FNAC ou le Museum of Fine Arts de Houston. Son travail reste cependant relativement confidentiel malgré les importantes questions d’ordre esthétique, philosophique et sociologique que suscite son œuvre dans la création contemporaine c’est pourquoi un catalogue monographique sera aussi édité cette année en collaboration avec le Creux de l’Enfer.

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