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05.09.2015 - 31.10.2015

Xie Lei | « Sans Rivage » | Galerie 

Vues d'exposition

Sans rivage, avec sa troisième exposition personnelle à la Galerie Anne de Villepoix, qui réunit une douzaine de nouveaux tableaux, XIE Lei franchit une nouvelle étape dans son questionnement du monde et de sa représentation.

Né en 1983, dans la province d'Anhui, vivant et travaillant à Paris, XIE Lei s'affirme progressivement comme l'un des artistes les plus singuliers de sa génération, par sa manière de convoquer aujourd'hui la peinture comme medium pour interpeller le spectateur sur le flot des images déversées par la communication globalisée et instantanée. Ses tableaux, petits et très grands formats, renvoient au monde que nous croyons percevoir, à « l'actualité » que nous pensons connaître. Mais XIE Lei se refuse à exploiter ces évènements, cette immédiateté parfois tragique, il s'impose une distance et sait employer les infinies subtilités de la peinture pour l'exprimer. Alors, le sens n'est jamais direct, le tableau révèle l'ambiguïté, la dualité, l'antagonisme au coeur de toute situation. Et, chez lui, le medium permet de dire sans dire.  


« De fait la peinture de XIE Lei ne relève pas d'un pessimisme sombre ; c'est à la fois bien plus et bien moins que cela. C'est beaucoup plus que du désespoir, car le monde ici présenté est un monde où la catastrophe ultime est déjà advenue, il n'y a plus de lumière, le monde est sous la chape d'une obscurité éternelle. Il fait résonner un lourd silence d'incompréhension. C'est en même temps beaucoup moins pessimiste que cela. L'expressivité du trait, la rapidité du coup de pinceau, l'engagement dans la toile, l'exacerbation des couleurs témoignent tout en même temps de la force de l'affrontement et des ressources de la restitution. La terre est engloutie sous les eaux, il n'est plus d'habitations, de technologies, de civilisations, et pourtant, il reste ces hommes parfois exsangues, mais qui tentent encore une dernière tension du bras pour saisir de l'humain, ces hommes sans visages et sans voix savent encore pleurer et leurs larmes sont de sang. On peut lire dans l'expressivité des mouvements de pinceau, dans l'impulsivité de la touche, dans la non-disparition des traits de crayon et dans la revendication de ces couleurs vives, la foi dans la résurgence, la volonté affirmée d'un renouveau pour l'homme et par l'homme. Quelque chose de non définitif qui reste en mouvement. Dans la cosmologie de XIE Lei, il n'y a pas de rivage mais il y a des étoiles à attraper. Ces étoiles sont les désirs humains, ces vestiges de toutes les civilisations qui demeurent en un horizon symbolique dans l?inconscient de chacun ».[1]


Diplômé de l'Académie Centrale des Beaux-Arts de Chine à Pékin (CAFA), puis de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA), avec les félicitations du jury, XIE Lei poursuit actuellement un doctorat dans le cadre du nouveau programme doctoral SACRe, auquel participent l'ENSBA et l'École Normale Supérieure (ENS).


Il a présenté des expositions personnelles à Genève (Galerie Charlotte Moser, 2012), à Hong Kong (Feast Projects, 2011 et 2013), à Pékin (Fondation Yishu 8, 2012), aux Herbiers (Château d'Ardelay, 2014), à Cahors (Les Rencontres d'Art Contemporain, 2014). En 2010, il avait participé à une exposition à la Fondation Ricard puis en 2012 à la Saline Royale d'Arc-et-Senans.






[1] Extrait du texte de Clélia Zernik, professeur de philosophie de l'art à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA), publié à l'occasion de cette exposition.  


 



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